| Massetto dell Ornellaia ; le merlot à la Toscane...
Lors de la dernière édition du salon Vinexpo qui s'est tenue à Bordeaux en juin dernier et où l'on retrouve quelques-uns des plus grands domaines du monde, j'ai eu le plaisir de participer à une dégustation verticale de la cuvée Massetto de la Tenuta dell'Ornellaia.
Ce fameux domaine qui appartient à la famille des "super Toscans" a été fondé en 1981 par le marquis Ludovico Antinori. Situé à Bolgheri en Toscane, au Nord de l'Italie, Ornellaia possède un vignoble de sept hectares. C'est là sur ces coteaux tout droit sortis d'une toile d'un maître italien qu'est née en 1987 Massetto, une cuvée de pur merlot. Une exception sur une terre où le cépage roi est le sangiovese. Enfin pas tout à fait. Déjà en 1985, Laurenza Sebasti du Castello di Ama, à Gaiole in Chianti, avait imaginé sa cuvée Vigna l'Apparita, elle aussi exclusivement issue de merlot. Mais revenons à Massetto et débutons notre verticale. Une formidable faculté d’adaptation Le 1987 répand sa robe veloutée dans les verres. Le nez exhale des notes de graphite et de sous-bois. Le temps a patiné ce vin où ne perce aucun accent sudiste. Au contraire, le 1990 présente un style plus méditerranéen avec des notes de garrigue et de tapenade. Bémol, les tanins se montrent un peu décalés en finale. Avec 1994, le style s'affine. Ici la délicatesse l'emporte sur la concentration. Certes la bouche manque un peu d'étoffe, mais son soyeux séduit. Le 1995 dévoile une palette très complexe avec ses nuances de graphite, de bois précieux et d'épices. Doté d'un joli grain, il se montre persistant. Dommage que les tanins "sèchent" un peu la finale. Plus classique, 1997 reflète à merveille le caractère sudiste de l'appellation. Le merlot démontre ici sa formidable faculté d'adaptation au terroir. Dans le 1998, la truffe noire pointe son nez. Le jus est concentré, la matière serrée et légèrement en relief. En quête d'harmonie Nous montons en puissance avec le 1999, l'une des plus belles réussites de Masseto, avec 2001.Une pointe de minéralité lui donne ce côté scintillant propre aux grands vins. Le millésime 2000, bien que sur la réserve, exprime une très belle finesse. Ici rien ne dépasse, les tanins sont bien enrobés. De la même dimension que le 1999, le 2001 associe puissance et finesse. L'harmonie est totale. Pourtant défini par une ossature de bouche de demi-corps, 2002 est très toscan dans l'esprit. Moins digeste, le 2003 porte les stigmates d'un millésime chaud. Le fruit est compoté, le bois plus grillé et toasté. 2005 a connu les vendanges les plus tardives du domaine. II se livre sur des arômes de zan et d'épices douces soulignés par des notes de menthol et de résine. La bouche n'a pas encore trouvé l'équilibre parfait. Cela manque un peu de finesse. 2004 séduit par sa jeunesse et son fruit gourmand. La prise de bois est importante, mais le vin possède la charpente nécessaire pour le digérer. Enfin 2006, ample et racé. Sa jeunesse demande à être canalisée. La matière et l'élevage doivent se fondre. |